lundi 2 avril 2018

Grèves: SNCF, Air France, éboueurs, électricité… voici les secteurs en grève à partir du 3 avril

A partir de ce mardi 3 avril, de nombreux trains et avions seront à l’arrêt, le ramassage des poubelles sera délaissé, le secteur de l’électricité et du gaz sera mobilisé. Et dans l’enseignement supérieur, certaines universités seront bloquées. A chaque mouvement ses revendications et son lot de perturbations. "Marianne" fait le point.
Il n’y a pas que les cheminots qui sont sur le pont. Cette semaine, le front social sera animé par plusieurs actions de protestations dans plusieurs secteurs de l’économie française. Trains, bien sûr, avions, gestion des déchets, électricité, et gaz seront concernés. L’enseignement supérieur sera également touché, de nombreuses universités seront bloquées. Pour la préservation des services publics, une hausse des salaires, ou le retrait de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE)... A chaque mouvement ses revendications et son lot de perturbations. Marianne fait le point.

Grève à la SNCF

A partir du 3 avril et jusqu’au 28 juin, la circulation des trains sera perturbée à raison de deux jours sur sept, grève perlée contre la réforme de la SNCF oblige. Pour les deux premiers jours d’action des cheminots, ce mardi 3 et mercredi 4, les perturbations seront nombreuses. En effet, 77% des conducteurs cesseront le travail mardi. Les conséquences se lisent sur les prévisions de trafic. Au niveau national, seuls 12% des TGV circuleront, 13% pour les intercités. Les TER sont eux davantage épargnés : deux sur dix seront maintenus en moyenne. Un chiffre à relativiser : 95% de ces trajets seront assurés par des bus de remplacement.
Pour les Franciliens, ces deux journées s’annoncent aussi compliquées. Sur le RER A, un train sur deux sera au rendez-vous, un sur trois pour le RER B. Le RER C sera de loin le plus perturbé, avec 20% des trains maintenus, tandis que le RER D verra un train sur quatre sur les voies et un sur trois pour le RER E. Pour les transiliens, les prévisions s’annoncent dans la même tonalité.
Dans ce mouvement de grève des cheminots, seules les lignes internationales ne connaîtront que peu de perturbations. Le trafic des Thalys sera très proche de la normale et 75% des Eurostars pourront traverser la Manche.

Quatrième jour de protestation à Air France

Depuis cinq semaines, le personnel de la compagnie aérienne enchaîne les journées de grève non consécutives. Après le 22 février, le 23 mars et le 30 mars, les vols du 3 avril seront également perturbés. Onze syndicats exigent la revalorisation de certaines primes pour les pilotes, accompagnée d’une augmentation générale de 6%, jugeant celle de 1% promise pour cette année comme insuffisante. Jeudi dernier, des discussions se tenaient pourtant entre la direction et les syndicats sur ce sujet. Résultat ? Un échec : “Nous avons quitté la salle de négociations, la direction refusant ne serait-ce que d’écouter nos demandes”, a fait savoir jeudi matin Grégoire Aplincourt, président du SPAF (2e syndicat de pilotes).
Air France a indiqué que, malgré ce mouvement, 75% de ses vols seront assurés ce mardi. Dans le détail, 70% des vols long-courrier au départ et vers Paris-Charles de Gaulle seront assurés, comme 85% des vols court-courrier, selon les données communiquées par la compagnie.
Que cette journée soit une réussite ou pas, les syndicats ont d’ores et déjà prévu la suite des opérations : deux autres journées de grève sont annoncées pour le 7, le 10 et le 11 avril. Une mobilisation pensée pour être complémentaire à celle des cheminots, prévue les 8 et 9 avril.

Les éboueurs lancent leur mouvement pour un “service public” du déchet

A l’appel des fédérations CGT des transports et des services publics, une grève reconductible dans l’ensemble de la filière des déchets (balayeur, collecte, centre de tri…) débute également ce 3 avril.
Les grévistes demandent la création d’un “service public national” du déchet et donc un “statut unique” pour les employés de la filière. Un statut qui doit permettre d’élargir à ces salariés la possibilité d’un départ anticipé de cinq ans pour tous et de dix ans pour les métiers “exposés à l’insalubrité et la pénibilité”. Le but affiché par la CGT, c’est avant tout de “protéger” ces travailleurs d’un certain “dumping social”. Dans de nombreuses municipalités, le traitement des ordures relève aujourd’hui d’entreprises privées via des délégations de services publics, ce qui entraîne, selon les représentants du personnel, une “dégradation des conditions de travail”.
Le mouvement sera-t-il suivi ? Les ordures gagneront-elles les rues en masse ? Pour l’instant, impossible de le dire. Mais Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics, s’est dit “assez confiant” sur l’ampleur de la mobilisation “au vu de celle observée dans la fonction publique”. La grève, prévue de longue date, doit toucher la région parisienne, Marseille, Montpellier, “ainsi que l’Est et le Nord”, a communiqué la fédération CGT des Transports sans donner davantage de précisions.

Le secteur de l’énergie mobilisé

Dans les pas de la mobilisation des cheminots et des éboueurs, le secteur de l’énergie (électricité et gaz) prépare sa grève qui débutera également ce mardi pour un “nouveau service public de l’électricité et du gaz” et “la fin de la libéralisation du marché”. Par ce mouvement, la CGT souhaite également “peser” sur la programmation pluriannuelle de l’énergie pour la période 2019-2023, que le gouvernement élabore actuellement et qui doit déterminer la trajectoire énergétique de la France.
La CGT des Mines-Energie, premier syndicat du secteur, a déposé un préavis qui court jusqu’au 30 avril et qui “sera reconduit tous les mois”, précise-t-on dans les rangs du syndicat. Si des “initiatives” seront prises en guise de protestation, la nature des perturbations reste encore floue. Pas de panique pour les particuliers, les coupures de courant sont exclues. En tout cas pour le moment.

Blocages dans les universités

Dans les universités, la fronde contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) continue. Accusée de mettre en place un système de sélection à l’entrée de la fac, le texte a provoqué les blocages de plusieurs établissements dans toute la France. A Toulouse et Bordeaux, certains sites sont bloqués depuis plusieurs semaines. Même chose à Nancy ou Montpellier. Récemment, la faculté de sciences humaines de Rouen et Nantes ont suivi le mouvement, entre autres. Tandis qu’à Lyon, Dijon ou Caen par exemple, des “blocages ponctuels” ont été organisés.
En marge de ces mobilisations, des incidents sont survenus. A Lille et à Strasbourg, respectivement lundi et mercredi dernier, des groupes de militants d’extrême droite ont attaqué plusieurs militants autour des facs. A Montpellier, un groupe de personnes armées de bâtons et cagoulées ont brutalement chassé des étudiants qui occupaient un amphithéâtre pour ces mêmes revendications, entraînant la mise en examen du doyen de l’université pour “complicité d’intrusion”entraînant la mise en examen du doyen de l’université pour “complicité d’intrusion”. Des violences qui ont fait grandir la mobilisation. Plusieurs rassemblements de soutien ont eu lieu dans toute la France.
Si les blocages sont un classique des mobilisations étudiantes, la suite reste difficile à prévoir. D’autant que, les examens approchant, des tensions pourraient naître entre ceux qui protestent et ceux qui désirent la réouverture des salles de cours. Et le mouvement pourrait en être impacté.

En vrac! Coupures et Dessins


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Article de mon ami, responsable dans les Yvelines de F.O. au suget de la contre réforme de la SNCF

Denis Langlet.

Nous sommes le 22 mars 2018 au soir. Dans tout le pays, à l'appel des confédérations syndicales CGT et Cgt-FO, par la FSU et SUD, des milliers et milliers de syndiqués et de non syndiqués ont manifesté contre le projet de démantèlement de la SNCF, énième contre-réforme, et pour la défense des services publics.

Première manifestation depuis la présentation, le 14 mars, en Conseil des ministres du projet de loi de réforme du ferroviaire, cette journée d'action, pour reprendre cette qualification des confédérations syndicales elles-mêmes, a indéniablement été une réussite par sa participation militante massive. Du côté gouvernemental, sans nier cette réalité, il est fait état du maintien intégral de son projet, et même de l'accélération des contre-réformes. Il s'agirait « d'éviter les abcès de fixation par la multiplication des réformes . Mettez une seule réforme au cœur du débat et vous devenez une cible. Et quand les gens se lèvent le matin avec une réforme du travail et se couchent le soir avec une réforme de la SNCF, les oppositions ont du mal à s'exprimer »
En apparence, se mettraient en place les conditions de la répétition du scénario ayant permis l'adoption de la loi travail et des précédents projets. Effectivement, le risque est grand de voir un tel scénario ou une variante, se dérouler avec au final, le constat de l'adoption de cette « réforme du ferroviaire». Aller vite, le plus vite possible, tel est le plan de marche du gouvernement Macron, fixé par les banques !
Aller vite pour empêcher tous les agents de la SNCF, tous les travailleurs de tout le pays, des villes et des campagnes, d'examiner le contenu de ce projet de loi et de tirer de cet examen toutes les conséquences. 
Ce projet est tout simplement l'application au ferroviaire des exigences des grandes banques internationales, afin de leur garantir de gigantesques gains financiers en mettant sous leur coupe réglée tout le ferroviaire. « Ce serait la fin d'un monde ! » « la fin du statut des cheminots » « la fin des services publics » ... et demain, comme ils l'ont déjà prévu, par la contre-réforme du financement de la Sécurité sociale, il en serait fini du «modèle social français », des acquis sociaux collectifs comme des libertés individuelles et collectives. Le pays lui-même s'enfoncera dans le chaos, la misère avec l'explosion du chômage et du nombre de bas salaires.
Exagération ?
Remis au CCE de la SNCF, tous les responsables de ce pays ont entre les mains le rapport du cabinet d'expertise DEGEST sur le projet de loi ferroviaire. Aucun ne l'a contesté ! La SNCF s'est endettée auprès des banques internationales qui constituent les marchés financiers. Subissant comme tous les autres secteurs d'activité de ce pays, les mesures d'austérité mises en œuvre depuis le tournant de la rigueur en 1982 et aggravées, depuis l'adoption du traité de Maastricht, par le respect des directives européennes et des critères de gestion, la SNCF a systématisé la baisse des coûts. Cette baisse des coûts est faite au détriment des conditions de travail, des salaires, de l'entretien du réseau ferré et de l'emploi.
Et quelle hécatombe !! Depuis l'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire (c'est à dire sa privatisation) en 2006, les effectifs de ce secteur s'effondrent, 16 000 à cette date, pour atteindre fin 2018 le nombre de 6 000 soit une perte de 10000 emplois et ce dans un secteur en croissance. A partir de 2010, face au vieillissement du réseau et aux besoins de création de nouvelles lignes de TGV, l’État a engagé la SNCF dans un très important plan d'investissement de 5 milliards d'euros par an, sans lui donner les moyens de son financement. Bien au contraire puisque non seulement l’État a baissé ses subventions mais a vendu les très rentables sociétés de gestion des autoroutes au privé privant ainsi la branche des transports de sa principale source de financement. La SNCF, contrainte à recourir à l'emprunt, s'est tournée vers les seuls organismes autorisés à ce jour, à prêter de l'argent : les banques, c'est à dire, la finance privée! L'ampleur de ces emprunts, les taux pratiqués ont généré une dette supplémentaire de 17,5 Mds€ entre 2010 et 2017. Le poids de cette dette est tel que la SNCF emprunte sur les marchés financiers pour rembourser celle-ci. Aucun organisme de crédit ne devrait s'engager vis à vis d'une entreprise couverte de dettes. Oui, mais cette entreprise, la SNCF a, implicitement la garantie de l'Etat français et de son fantastique patrimoine. Cela explique qu'à chaque appel de fonds de la SNCF auprès des marchés financiers, ceux-ci répondent présents. De service public, la SNCF est devenue, pour la finance privée, une source de revenus garantis et durables. Ainsi, toujours selon le cabinet Degest, sur 100 euros empruntés par la SNCF, 59 € sont affectés au remboursement de sa dette et seulement 41 € sont investis dans les infrastructures et les équipements. Pour permettre à la SNCF d'honorer cette dette, le gouvernement Macron a décidé de faire disparaître des milliers de kilomètres de lignes dites secondaires et des milliers d'emplois qualifiés et sous statut. fondamental de l'égalité des droits, n'est-elle pas en action dans la métallurgie, la chimie, le bâtiment, la poste, l'enseignement et la santé dont l'hôpital. N'y a-t-il pas urgence à mettre un coup d'arrêt à cette domination et avidité sans limite de la finance privée ? Mais les détenteurs de cette finance ne sont-ils pas hors de notre portée ? Ces banques qui dominent le marché financier, ne sont-elles pas supranationales ? Ne s'imposent-elles pas ainsi définitivement à nous ? La discussion doit s'engager sans tarder. Seule la plus large discussion c'est à dire démocratique afin d'être l'affaire de tous, permettra d'élaborer et de construire les moyens de briser l'offensive actuelle de la finance et de ses commis. Faute d'atteindre cette poignée de financiers, il est possible et nécessaire de les priver des moyens de nuire en leur retirant les pouvoirs de création de la monnaie et de gestion du crédit ! Retirer des mains du privé la monnaie, sa création, sa circulation et avec les réseau des agences bancaires, bâtir un grand service public national de la monnaie et du crédit n'ouvrirait-il pas la voie permettant enfin de satisfaire les besoins humains fondamentaux : se nourrir sainement, se loger, se vêtir, s'instruire, se soigner et garantir à la planète un futur enrichi et non dévasté ?


Denis Langlet.