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jeudi 19 décembre 2019

UN VÉRITABLE PACTE POUR LES PEUPLES ET LA PLANÈTE : UN GREEN NEW DEAL, SOCIAL ET ÉCOLOGIQUE !

Intervention le Mercredi 11 Décembre 2019 au Parlement européen à Bruxelles lors de la présentation par la Commission européenne de leur projet de #GreenDeal. Pour notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne, les peuples et la planète veulent un véritable pacte pour le futur, notre #GreenNewDeal sera social et écologique !


vendredi 10 mai 2019

« L'humanité en péril » : le cri d'alarme écologiste de Fred Vargas


 
François Busnel reçoit Fred Vargas qui nous livre un cri d’alarme écologique à travers son dernier livre : « L’humanité en péril » (Éditions Flammarion). Face à l’urgence climatique, elle propose un manuel d’information et de survie. Elle dresse un panorama de toutes les menaces qui pèsent sur la planète et met en avant des motifs d’espoirs, des actions innovantes et des idées simples pour agir, ensemble.

« Transparence » : demain, tous immortels ?

Marc Dugain imagine le monde tel qu’il pourrait être en 2060. Le romancier dépeint une planète sur laquelle règnent le contrôle et la surveillance généralisée. Avec « Transparence » publié aux éditions Gallimard, il signe un formidable roman d’anticipation, sous forme de critique de la révolution numérique et de ses dérives.

mardi 9 avril 2019

La concentration en CO2 n'a jamais été aussi élevée depuis 3 millions d'années



La concentration dans l'atmosphère du CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique en cours, est au plus haut depuis trois millions d'années, rendant inéluctable la hausse dramatique de la température de la Planète et du niveau des océans en quelques siècles, mettent en garde des chercheurs.

Les scientifiques estimaient jusqu'alors que le niveau actuel de dioxyde de carbone (CO2), supérieur actuellement à 400 parties par million (ppm), n'était pas plus important que celui d'il y a 800.000 ans, lors d'une période marquée par des cycles de réchauffement et de refroidissement de la Terre qui se poursuivraient aujourd'hui sans le réchauffement lié aux activités humaines. Mais des carottes de glace et de sédiments marins prélevés à l'endroit le plus froid de la planète révèlent désormais que la barre des 400 ppm a en fait été dépassée pour la dernière fois il y a trois millions d'années, durant le Pliocène. Les températures étaient alors 3 à 4 °C plus élevées, des arbres poussaient en Antarctique et le niveau des océans était 15 mètres plus haut.
Ces analyses sont corroborées par un nouveau modèle climatique développé par le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK). « La fin du Pliocène est relativement proche de nous en termes de niveaux de CO2, explique à l'AFP Matteo Willeit, chercheur au PIK et principal auteur d'une étude publiée cette semaine. Nos modèles suggèrent qu'au Pliocène il n'y avait ni cycle glaciaire ni grosses calottes glaciaires dans l'hémisphère nord. Le CO2 était trop élevé et le climat trop chaud pour le permettre ».
L'accord de Paris sur le climat de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2 °C, voire +1,5 °C, par rapport à l'ère préindustrielle. Mais en 2017, les émissions de gaz à effet de serre ont dépassé tous les records dans l'histoire humaine et les engagements des États signataires de l'Accord de Paris conduiraient le monde vers +3 °C.

Les leçons à tirer du Pliocène

Pour des chercheurs réunis cette semaine à Londres, il y a des leçons à tirer du Pliocène. « Les températures mondiales étaient 3 à 4 °C plus élevées qu'aujourd'hui et le niveau de la mer 15 à 20 mètres plus haut », commente Martin Siegert, professeur de géoscience à l'Imperial College de Londres. Aujourd'hui, avec 1 °C de plus qu'à l'époque préindustrielle, la Terre subit déjà les impacts du dérèglement climatique, des inondations aux sécheresses.
Pour Siegert, avoir dépassé 400 ppm de CO2 (en 2013) n'implique pas une hausse du niveau des mers de l'ampleur de celle du Pliocène de façon imminente, mais à moins que l'Homme n'arrive à retirer le CO2 de l'atmosphère à grande échelle, des impacts majeurs sont inévitables, tôt ou tard.

e basant sur les concentrations de CO2, les glaciologues prédisent une augmentation du niveau des océans entre 50 centimètres et un mètre d'ici la fin de ce siècle, indique le chercheur. « Il serait difficile que cela soit plus, parce que la fonte prend du temps. Mais ça ne s'arrête pas à 2100, ça continue ».
En octobre, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d'alarme : pour rester sous les 1,5 °C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50 % d'ici 2030. Mais malgré les promesses, ces émissions liées aux énergies fossiles et à l'agriculture augmentent inexorablement. « À 400 ppm, nous restons sur la trajectoire d'un climat similaire au Pliocène », prévient Tina van De Flierdt, professeur de géochimie isotopique à l'Imperial College. La calotte glaciaire du Groenland, qui contient assez d'eau pour faire augmenter le niveau des mers de sept mètres, avait alors disparu. Et celle de l'ouest de l'Antarctique, « qui contient environ cinq mètres, avait probablement disparu ».
« Ce que nous faisons depuis 150 ans, c'est de le déterrer et de le renvoyer dans l'atmosphère. C'est une expérience folle. »

 

Vers un réchauffement climatique de 3 à 4°C

Les chercheurs estiment que l'atmosphère a précédemment déjà connu des niveaux de CO2 bien supérieurs à 400 ppm mais le gaz avait mis des millions d'années à s'accumuler. De leur côté, les émissions liées à l'activité humaine ont fait grimper les niveaux de gaz carbonique de plus de 40 % en un siècle et demi seulement. Avec une concentration à 412 ppm, et en progression, certains experts estiment qu'un réchauffement de la planète de 3 à 4°C est probablement inéluctable.

La dernière fois que le CO2 était aussi présent dans l'atmosphère, il avait ensuite été capturé par les arbres, les plantes, les animaux, puis enterré avec eux à leur mort. « Et ce que nous faisons depuis 150 ans, c'est de le déterrer et de le renvoyer dans l'atmosphère, souligne Siegert. C'est une expérience folle ».





mercredi 9 janvier 2019

2018 a été l’année la plus chaude en France et la 4e année dans le monde



Sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique, les nouvelles en ce début d'année ne sont toujours pas bonnes. En France, 2018 n'est ni plus ni moins que l'année la plus chaude jamais enregistrée. Dans le monde, elle se classe en 4e position. Les concentrations en CO2 atmosphérique, quant à elles, continuent d'augmenter.

13,9 °C : c'est la température moyenne enregistrée en France en 2018, selon Météo France. Un record absolu pour notre pays. Au niveau mondial, la situation ne semble pas bien meilleure. Le Copernicus Climate Change Service (le programme d'observation de la Terre de l'Union européenne) annonce en effet une température moyenne sur l'année de 14,7 °C. C'est seulement 0,2 °C de moins qu'en 2016, l'année la plus chaude jamais enregistrée. C'est aussi plus de 0,4 °C de plus que la moyenne sur la période 1981-2010. Cela place 2018 en 4e position au palmarès des années les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde.
Des chiffres qui tombent très tôt après que 2018 a tiré sa révérence. Car le programme Copernicus traite quotidiennement des millions d'observations terrestres, maritimes, aériennes et satellites à l'aide d'un modèle mathématique. Un peu à la manière de ce qui est mis en oeuvre pour établir les prévisions météo. De quoi fournir une estimation précise des températures enregistrées à tout moment.

Évolution de la température moyenne par année à la surface de la Terre de 1880 à 2018. © Service Copernicus changement climatique, NOAA

De plus en plus de CO2 dans l’atmosphère

Selon le service Copernicus, le réchauffement le plus marqué est à imputer à l'Arctique. En Europe, à l'exception de février et de mars qui se sont révélés relativement froids, les températures ont dépassé la moyenne sur tous les mois de l'année. En mars prochain, l'Organisation météorologique mondiale publiera son propre état des lieux. Mais tout laisse à penser qu'il confirmera ces chiffres.
D'autant que les données recueillies par Copernicus révèlent aussi une augmentation des concentrations de CO2 dans l'atmosphère. Pour 2018, le taux de croissance moyen de la grandeur appelée XCO2 -- concentration moyenne pour toute la colonne d'air au-dessus d'un point donné -- est ainsi estimé à 2,5 ± 0,8 parties par million. En 2017, il s'élevait à 2,1 ± 0,5 ppm.
Pour en savoir plus

2011 : année la plus chaude depuis 1900 en France

En France, 2011 a été l'année la plus chaude depuis le début du XXe siècle. Elle a dépassé de 1,5 °C la température moyenne de la période 1971-2000. Elle s'est en plus accompagnée d'une sécheresse importante. Des résultats qui confirment la tendance au réchauffement.
Article de Bruno Scala paru le 28/12/2011
Météo France vient d'annoncer, avant même le 31 décembre que 2011 serait l'année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis que des relevés de températures sont effectués régulièrement, soit depuis le début du XXe siècle. Même 2003, année de la canicule, ne fait pas le poids face à au douze derniers mois qui viennent de s'écouler.
Ces déclarations confirment l'annonce de l'organisation météorologique mondiale. Pendant le sommet de Durban, l'OMM avait en effet présenté son bilan provisoire de l'année, indiquant des records de températures. Selon elle, 2011 - pourtant accompagnée d'un épisode La Niña - entrait dans le top 10 des années les plus chaudes depuis 1950.
Ainsi, en France métropolitaine, la température moyenne a été de 13,6 °C au cours des douze derniers mois, ce qui correspond à une anomalie positive de 1,5 °C par rapport à la moyenne calculée sur la période 1971-2000. À titre de comparaison, pour 2003, l'anomalie était de +1,3 °C.
Anomalies de température au cours des mois de l'année 2011, par rapport à la moyenne des mois respectifs au cours de la période 1971-2000. © Idé

L'année 2011 : chaude et sèche

Les mois qui ont le plus contribué à cette chaleur globale sont avril, novembre et mai avec des anomalies respectives de 4, 3 et 2,4 °C (par rapport aux mois respectifs de la période 1971-2000). Décembre devrait également intégrer cette élite puisque les valeurs provisoires semblent s'orienter vers une température de 3 °C supérieure à la moyenne. En revanche, juillet a été un mois plutôt froid avec une anomalie négative de 1,3 °C. C'est d'ailleurs le seul mois qui présente une température inférieure à la moyenne.
En outre, 2011 fut plutôt sèche. Le printemps a en effet été le plus sec depuis 1959. De fortes disparités résident néanmoins d'une région à l'autre. Si l'ouest et le nord de la France présentent une pluviométrie globale nettement inférieure à la période 1971-2000, il en va différemment pour les régions du sud est qui ont connu des précipitations égales ou supérieures à la moyenne. 
Et les quatre derniers jours de décembre devraient confirmer la tendance...


mardi 8 janvier 2019

Réchauffement climatique, grande cause à (tout) petits pas



© Getty
Depuis des décennies, la communauté scientifique alerte le monde sur les dangers du réchauffement climatique. La COP 24 qui vient d’avoir lieu en Pologne n’a pu que constater les dégâts, quand la COP 21 en 2015 avait fait naître quelques espoirs. Les engagements ne sont pas tenu


Plus le temps passe, plus le sentiment d’urgence écologique étreint les chercheurs de tous pays. Avec l’impression que les mesures à prendre ne seront jamais prises.
Alors, à défaut de mesures politiques fortes et contraignantes, on rencontre de plus en plus de citoyens décidés à prendre en main, localement, leur destin écologique. Et par exemple à faire, au quotidien, tous les gestes qu’ils peuvent pour la planète. Achat de biens de consommation durables, tri des déchets, les initiatives se multiplient.
Du blues des scientifiques à l’enthousiasme des citoyens, c’est le grand écart que nous vous proposons de faire grâce à ce reportage de Marjolaine Koch, « Réchauffement climatique, grande cause et tout petits pas ».
Prise de son : Pierre Quintard et Marc Garvenes.
Mixage : Nicolas Slimani.
Réalisation : Stéphane Cosme assisté de Mahaut Debutler.

Aller plus loin

Les effets du réchauffement climatique, point d'étape et prévisions :
Le site de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique – ONERC
Le site du CNRS sur le climat
Prévisions environnementales de l’OCDE pour 2050 - Chapitre sur le changement climatique (en anglais)
Quelques initiatives collectives et individuelles contre le réchauffement climatique :
Le réseau Action Climat
Le site "Il est encore temps", plateforme regroupant les initiatives citoyennes pour le climat
#on est prêt : une initiative citoyenne lancée par des youtubeurs
ECOLISE (Réseau européen d’initiatives citoyennes locales pour le climat et la durabilité)
En lien direct avec le reportage de Marjolaine Koch :
Camille Binet, que vous avez entendue dans ce reportage (famille zéro déchet), a écrit deux ouvrages :
Créations zéro déchet
Teintures et impressions végétales

dimanche 16 décembre 2018

COP24 : un compromis sans éclat pour respecter l'Accord de Paris

Les 196 États ont acté les règles de l'Accord de Paris, sans montrer d'ambitions plus fortes pour réduire les émissions de gaz à effets de serre, comme le réclament de nombreux experts dont le Giec.
Les 196 États ont acté les règles de l'Accord de Paris, sans montrer d'ambitions plus fortes pour réduire les émissions de gaz à effets de serre, comme le réclament de nombreux experts dont le Giec. © AFP / Janek SKARZYNSKI
Après deux semaines de négociations ardues, les 196 États réunis à Katowice, en Pologne, ont clos la COP24 en arrachant, aux forceps, un compromis qui permet l'entrée en application, en 2020 comme prévu, de l'Accord de Paris. Mais sans aucune ambition plus forte sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La communauté internationale se quitte ce week-end au terme de la COP24 sur le climat, en assurant l'application de l'Accord de Paris en 2020, comme prévu. Deux semaines de négociations ardues pour établir des règles jugées insuffisantes par de nombreux défenseurs du climat.
Principale déception : les 196 États ne se sont pas engagés à augmenter leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au-delà des objectifs fixés par l'Accord de Paris. Après la publication, par le Giec, d'un rapport alarmiste sur les émissions de CO2, de nombreux défenseurs du climat réclamaient une réponse forte de la COP24 avec un engagement clair de tous les pays à réviser à la hausse d'ici 2020 leurs promesses de réductions de gaz à effet de serre. Mais les pays n'ont pu s'accorder pour "accueillir favorablement" le contenu de ce rapport dans le texte final, devant l'opposition d'une poignée d'entre eux, en particulier les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite.
À Katowice, la communauté internationale s'est contentée d'"accueillir favorablement sa réalisation à point nommé". La COP "reconnaît le rôle du Giec, chargé de délivrer les données scientifiques permettant d'informer" les pays, et "invite les parties à faire usage des informations contenues dans le rapport".

Les retardataires pressés de préciser leurs engagements pour réduire les émissions de C02

Ce point de discorde, apparu au milieu de la COP24, n'augurait pas de grandes déclarations en faveur de l'action. Dans un contexte géopolitique peu propice, la COP24 se limite ainsi à "répéter la demande de mise à jour" des engagements d'ici 2020, déjà formulée dans l'accord de Paris, évoquant toutefois des "efforts pour rehausser les ambitions d'ici 2020". Mais ces négociations ont surtout permis l'adoption du manuel d'utilisation du pacte de Paris, plus de cent pages détaillant les règles permettant de mettre en œuvre les principes de l'accord.
Plus de 160 pays ont déposé depuis 2015 des engagements de réduction de gaz à effets de serre. Ceux qui ne l'ont pas fait doivent le faire d'ici 2020. Ensuite, ces engagements nationaux devront être mis à jour tous les cinq ans.

Pas de sanctions

Les règles d'application précisent comment compter les émissions, et ce à partir de 2024, et quoi compter, en suivant les directives du Giec. Elles prévoient que les pays soumettent tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions, soumis à l'évaluation d'experts mais sans pouvoir ouvrir la voie à des sanctions.
Une flexibilité est accordée aux pays les moins avancés et aux États insulaires, en fonction de leurs capacités. Les autres pays en développement doivent fournir un argumentaire et un cadre temporel.
Tous les cinq ans, à partir de 2023, les pays feront le "bilan mondial" de leurs efforts collectifs.

Quel financement ?

L'Accord de Paris prévoit que les pays développés aident financièrement les pays en développement à réduire leurs émissions et à s'adapter aux impacts des dérèglements. Les règles d'application insistent sur la nécessité que ce financement soit "prévisible", et invitent les pays riches à un rapport "qualitatif et quantitatif" sur ces financements tous les deux ans à partir de 2020.
Les pays les plus pauvres attendaient aussi à Katowice des gestes forts après la promesse faite dès 2009 par les pays du Nord de monter leur aide climatique à 100 milliards de dollars annuels d'ici 2020. Parmi les quelques annonces, 1,5 milliard USD de l'Allemagne et 500 million de la Norvège pour le Fonds vert.

Éviter les préjudices et favoriser une transition "juste"

L'Accord de Paris reconnaît la "nécessité d'éviter les pertes et préjudices" liés aux impacts déjà à l'œuvre : montée de la mer, sécheresses etc. Le sujet est épineux car certains, et en premier les États-Unis, craignent que cela n'ouvre la voie à des procédures judiciaires d'indemnisation.
Ce dossier a été l'objet d'intenses tractations à la COP24, et il figure finalement dans le "mode d'emploi", sans qu'il soit cependant question de financements comme le souhaiteraient les pays vulnérables.
En pleine crise des "gilets jaunes" en France, de nombreux participants à la COP24 ont appelé à une "transition juste" vers une économie bas-carbone, pour l'ensemble de la société. La décision finale prend simplement "note de la Déclaration de Silésie" portée par les Polonais, "qui reconnaît la nécessité de prendre en compte les impératifs d'une transition juste pour la population active".
Une déclaration vue par de nombreux observateurs comme un moyen pour Varsovie de freiner sa sortie du charbon.

jeudi 29 novembre 2018

samedi 6 octobre 2018

"VOTRE CROISSANCE, NOUS N'EN VOULONS PLUS !"

François Ruffin est bien meilleur avocat que moi pour dénoncer la croissance folle qui empare nos dirigeants et la finance etc...
François Ruffin  Ajoutée le 26 sept. 2018


"Vous m'écoutez comme un original, Monsieur le Ministre, bien assis que vous êtes sur vos certitudes. Mais un vent se lève. Un orage, même, peut-être. Qui viendra balayer votre assurance, qui verra s'imposer une évidence : les fous, c'est vous. Les fous qui prônez une croissance infinie dans un monde fini. Les fous qui menez l'humanité à la catastrophe. Les raisonnables, c'est nous."

mercredi 28 mars 2018

Du réfugié politique au réfugié(s) climatique(s) : une catégorie de personnes vulnérables en quête d’une protection juridique adéquate





Si aujourd’hui les déplacements provoqués par les situations de violence ou des conflits s’imposent comme une évidence, ceux dus aux aléas environnementaux, notamment ceux dus aux impacts des changements climatiques n’en sont pas moins réels et préoccupants. Il faut convenir que les changements climatiques sont réputés être l’une des causes majeures de déplacements de personnes du XXIe siècle. De la submersion des fameuses îles du Pacifique à la désertification qui ne cesse de progresser en Afrique, les impacts des changements climatiques bouleversent le quotidien, les moyens de subsistance des communautés, menacent la vie des personnes et les obligent à quitter leur lieu d’habitation habituel.
En 2016, d’après l’Internal displacement monitoring centre, 24,7 millions de personnes ont été déplacées à cause des catastrophes naturelles dont la grande majorité est liée aux facteurs climatiques1. Entre 2008 et 2016, près de 26,4 millions de personnes se sont déplacées chaque année : ce qui signifie qu’une personne se déplaçait chaque seconde. Il faut rappeler que 95 % de ces déplacements se produisent dans les pays en développement. Les prévisions sont tout aussi alarmantes : on estime que 200 à 250 millions de personnes vont potentiellement être déplacées2. Un récent rapport de la Banque Mondiale3 estime qu’en l’absence d’importantes mesures en matière climatique et dans le domaine du développement, l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine pourront compter près de 143 millions de migrants internes d’ici 2050, soit 2,8 % de la population de ces trois régions. À l’instar des îles du Pacifique qui sont menacées par la submersion, de nombreux États d’Asie du Sud dont le Bangladesh font désormais figure de laboratoire des changements climatiques. L’élévation d’un mètre du niveau de la mer, scénario possible, est susceptible de submerger 1/5 du territoire et de pousser 30 millions de Bangladais à se déplacer dans leur propre pays. La Banque mondiale avance également que les régions du bassin du Gange au Bangladesh, notamment les régions des terres cultivées, pourront subir une forte pression démographique et seraient susceptibles d’accueillir près de 1,3 million de personnes d’ici 2050 et 10 % de la population dans ces zones pluviales seraient des migrants climatiques.
De la difficulté à estimer avec précision les migrations environnementales futures à la difficulté à isoler avec exactitude le facteur « environnemental » et à cerner les schémas migratoires, de nombreuses zones d’ombre subsistent à plusieurs niveaux rendant ainsi nécessaire la poursuite des études empiriques sur le phénomène. Les études menées jusqu’à présent montrent que les déplacements liés aux changements environnementaux globaux sont davantage de nature interne qu’internationale. C’est notamment une des raisons pour laquelle le droit international des réfugiés ne permet pas de protéger une grande partie des personnes qui fuient leur lieu d’habitation habituel à cause des aléas environnementaux, car ce droit ne s’applique qu’aux personnes traversant les frontières étatiques.

LA MIGRATION ENVIRONNEMENTALE
ET LE DROIT INTERNATIONAL DES RÉFUGIES

Au-delà du critère de franchissement des frontières, le critère central de la notion de réfugié est la crainte d’être persécuté. En effet, bien que les personnes victimes des dégradations environnementales puissent démontrer qu’elles ressentent une crainte raisonnable, il faut qu’elles prouvent que l’origine de leur crainte est uniquement la persécution. La Convention de Genève ne donnant aucune définition du terme « persécution », les États possèdent un pouvoir d’appréciation discrétionnaire leur permettant d’interpréter cette notion de manière plus ou moins large en fonction des circonstances de chaque cas. La persécution est, en principe, reconnue lorsqu’il y a une atteinte directe et grave aux droits les plus fondamentaux. Or, au regard de cela, les atteintes à l’environnement comme les impacts des changements climatiques4 ne semblent pas atteindre le seuil d’intensité requis par la notion de persécution.
Par ailleurs, seules les personnes, victimes de persécution en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance à un groupe social sont éligibles au statut de réfugié. S’agissant des impacts des changements climatiques, ils frappent de manière indiscriminée, certaines personnes en sont plus affectées que d’autres non à cause de leur race, de leur religion ou de leur nationalité, mais plutôt en raison de leurs positionnements géographiques ou de leur niveau de développement.
De même, l’existence d’une protection de la part de leur État d’origine, fût-elle imparfaite, peut les rendre inéligibles au statut de réfugié. En effet, les réfugiés ne peuvent espérer obtenir aucune protection adéquate de leur pays d’origine ou de résidence, car leur gouvernement est lui-même responsable par action ou par omission des persécutions dont ils sont victimes. Ainsi, ces derniers n’ont d’autre choix que de demander une protection internationale en se tournant vers la communauté internationale. Les victimes d’aléas climatiques ou environnementaux, quant à elles, peuvent du moins théoriquement aspirer à une protection nationale.
Des États comme la Nouvelle-Zélande avaient récemment manifesté leur volonté de créer une nouvelle catégorie de visa pour les déplacés climatiques. Cet appel du gouvernement néo-zélandais est intervenu à la suite du rejet par les tribunaux néo-zélandais des demandes d’asile introduites par des habitants des îles de Kiribati et Tuvalu fuyant les impacts des changements climatiques. Ce dispositif destiné pourtant à combler les lacunes de protection résultant d’une application restrictive des critères définis par la Convention de Genève ne concernerait qu’une centaine de personnes par an.

L’UNION EUROPÉENNE ET LES DÉPLACEMENTS ENVIRONNEMENTAUX

En vertu de la directive 2011/95 UE du Conseil de l’Union européenne du 13 décembre 2011, dite « directive qualification », les aléas climatiques ou environnementaux de manière générale ne sont pas considérés comme des causes admissibles de départ justifiant la reconnaissance du statut de réfugié ou l’attribution d’une protection internationale au titre de la protection subsidiaire. Néanmoins, la directive prévoit la possibilité pour les États membres de maintenir ou d’adopter des normes qui assouplissent les conditions d’octroi du statut de réfugié. Cette disposition n’a toutefois été concrétisée que par la Suède et la Finlande qui restent les rares États membres dont la législation interne prévoit un droit d’asile aux victimes de catastrophes naturelles. Bien qu’il ne prévoie pas explicitement dans sa législation « l’asile environnemental », le Danemark a déjà accordé l’asile à des personnes de nationalité afghane fuyant la sécheresse. En dehors de ces initiatives étatiques isolées, il faut relever qu’à ce jour, aucun instrument de l’Union européenne n’envisage la protection des déplacés environnementaux même si quelques tentatives de reconnaissance ont été entreprises.
En 2001, les députés membres du groupe des Verts avaient essayé en vain d’insérer une référence aux « réfugiés environnementaux » dans un rapport du Parlement européen relatif à la politique commune d’asile. En 2004, Marie-Anne Isler-Béguin et Jean Lambert, deux députés membres du parti écologiste avaient demandé dans une Déclaration écrite au Parlement européen la mise en place d’un statut communautaire de « réfugié écologique ». En 2008, le directeur général des relations extérieures de la Commission européenne avait toutefois laissé sous-entendre que le sort des déplacés environnementaux n’est pas la priorité de l’Union européenne pour le moment5. Dix ans plus tard, la situation n’a pas évolué car l’Union n’a toujours pas apporté de réponses concrètes au phénomène malgré l’appel de certaines institutions notamment du Parlement qui ne cesse de rappeler la nécessité de repenser les mécanismes de protection existants.
Le 10 octobre 2016, le Parlement européen a adopté un rapport sur « les droits de l’homme et la migration dans les pays tiers » dans lequel il « insiste sur la nécessité pour l’Union et ses États membres de soutenir les pays les moins avancés (PMA) dans le cadre de la lutte contre le changement climatique afin d’éviter […] de voir s’accélérer le nombre de déplacés environnementaux ». Il poursuit en demandant à « l’Union de participer activement au débat sur le terme de réfugié climatique ainsi qu’à l’élaboration éventuelle d’une définition au regard du droit international6 ». Plus récemment, dans un rapport du 22 février 2017 sur la gestion des flux de réfugiés et de migrants, et sur le rôle de l’action extérieure de l’Union, le Parlement européen a réitéré la nécessité pour l’Union européenne et ses États membres de reconnaître les effets du changement climatique sur les déplacements de masse. Il demande à tous les États « d’étendre la définition du statut de réfugié pour inclure les personnes déplacées contre leur volonté par la pauvreté extrême, le changement climatique ou des catastrophes naturelles ». La nécessité de prévoir un statut spécifique en faveur des déplacés climatiques a été également soulignée7.
En France, à la veille de la conférence de Paris (COP21) en 2015, le Sénat avait adopté une résolution visant à la promotion de mesures de prévention et de protection des déplacés environnementaux dans laquelle il « invite la France à promouvoir, dans le cadre de la COP21 ainsi qu’au sein des institutions européennes et internationales, la mise en œuvre de mesures de prévention et de protection des déplacés environnementaux présents et à venir, qui ne bénéficient aujourd’hui d’aucune reconnaissance 8». Le projet de loi immigration et asile présenté au Conseil des ministres du 21 février 2018 n’apporte aucun changement d’ordre substantiel à la conception de la protection internationale accordée jusque-là par la France.

LA PROBLÉMATIQUE DES DÉPLACEMENTS CLIMATIQUES
DANS LE CADRE DU RÉGIME INTERNATIONAL DU CLIMAT

Après le refus des États d’insérer la question migratoire dans l’Accord de Copenhague, il a fallu attendre les Accords de Cancún (COP 16) en 2010 pour que les déplacements dus aux impacts des changements climatiques attirent l’attention de la communauté internationale. C’est à partir de la Conférence de Cancún que le régime international du climat a commencé à envisager la migration comme une stratégie d’adaptation aux impacts des changements climatiques. Cela signifie donc que les États développés doivent en principe aider les pays en développement, parties particulièrement vulnérables, à faire face au coût des migrations au titre de leur obligation en matière d’adaptation posée par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La prise en compte de la question migratoire par le régime climatique au titre de l’adaptation aux changements climatiques peut aussi laisser ouverte des perspectives de financement des programmes de protection destinés aux déplacés climatiques.
À la Conférence de Varsovie (COP 19) en 2013, la mobilité humaine a été aussi reconnue comme l’un des principaux types de pertes non économiques liées aux changements climatiques. Par la même occasion, les États se sont également mis d’accord pour la mise en place d’un mécanisme international relatif aux pertes et préjudices liés aux incidences des changements climatiques (Mécanisme de Varsovie). Toutefois, nous sommes encore loin de la mise en place d’un véritable système d’indemnisation des préjudices résultant des changements climatiques. Au titre des arrangements institutionnels qui doivent être renforcés pour soutenir la mise en œuvre des obligations relatives aux pertes et préjudices, la Conférence des Parties à Paris avait prévu la mise en place d’une équipe spéciale (Task force) qui a été établie en mars 2017. Si l’équipe spéciale a été pour l’instant chargée de développer des recommandations afin de prévenir, minimiser et répondre aux défis posés par le déplacement lié aux impacts des changements climatiques, elle pourrait dans le futur acquérir certaines compétences notamment opérationnelles nécessaires à la protection des déplacés climatiques.
L’Accord de Paris de 2015 a également introduit dans son préambule une référence expresse aux droits de l’homme accompagnée d’une référence aux « migrants ». Cette disposition reste la moins ambitieuse parmi les options proposées aux États dans le texte de négociation. Elle ne dispose pas non plus de force obligatoire contraignante. Mais, il n’empêche que les COP à venir pourront effectivement l’exploiter et la rendre opérationnelle au service d’une protection en faveur des déplacés climatiques.
Enfin, beaucoup d’espoir avait aussi été placé sur le Pacte mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières qui sera adopté à l’ONU en 2018. On avait espéré que le futur pacte mondial mît en œuvre des mécanismes innovants à la hauteur des défis posés par les déplacements climatiques. Mais il semble qu’à la lecture du projet, les causes profondes des déplacements de personnes, notamment les dégradations environnementales et les changements climatiques, n’ont pas obtenu une attention suffisante. Reste à savoir si la piste d’un instrument international portant spécifiquement sur les déplacements environnementaux ne mérite pas d’être explorée davantage.