dimanche 15 décembre 2019
lundi 9 décembre 2019
« Édouard Philippe peut annoncer ce qu’il veut, nous on ne l’écoute même pas. Ce qu’on veut, c’est le retrait! »
Extrait du Journal des Travailleurs
Le 9 décembre au matin, le record de bouchons sur le réseau routier Île-de-France a été battu. Les images de ces plus de 600 km de routes bloquées, de ces voyageurs massés surdes quais de gare ou n'arrivant même pas à descendre dans les stations de métro attestent la profondeur du rejet, la profondeur de la grève qui a débuté le 5 décembre.
Le pouvoir est déstabilisé. Le discours d'Édouard Philippe vendredi soir se résume à ceci : pas question de revenir sur la retraite par points, mais on peut discuter des délais. C'est une blague éculée, celle du condamné à la pendaison invité à décider de la longueur de la corde.Seulement voilà : la classe ouvrière n'est condamnée à rien du tout. Elle l'a montré le 5 avec une ampleur de la grève et des manifestations qui en a surpris plus d'un. Elle l'a montré le 6 dans les assemblées générales qui ont décidé de poursuivre le mouvement, souvent en reconduisant lagrève le jour même ou pour lundi. Elle le montre ce lundi 9 au matin dans les assemblées générales qui reconduisent la grève, pour aujourd'hui même ou pour demain. Elle le montrera demain dans la grève et les manifestations du 10 décembre.
Le gouvernement tire ses dernières cartouches.
Delevoye est à ce point décrédibilisé par le rejet de son plan et aussi par les révélations faites
ce jour sur ses liens avec les assurances privées – que les secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière ont décidé de ne pas répondre à l'invitation de le rencontrer cet après-midi.
Le 11 décembre, ce sera au tour du Premier ministre de présenter la version définitive,
paraît-il de son projet. Comme le dit un délégué syndical de la RATP : « Il peut annoncer ce qu'il veut, nous, on ne l'écoute même pas, ce qu'on veut, c'est le retrait. »
Tous les travailleurs partagent cela : « Ce qu'on veut, c'est le retrait. » Ils le diront avec force, à nouveau, ce 10 décembre.
Et après ? Si mercredi soir, le gouvernement n'annonce pas le retrait du texte, faudrait-il revenir aux journées d'action saute-mouton ? Les travailleurs savent que cette tactique, c'est l'impasse
assurée et c'est pourquoi ils la rejettent. Dès lors, c'est la question de la grève générale qui viendra à l'ordre du jour, appelée et construite dans l'unité,
De bas en haut et de haut en bas. En bas, les travailleurs ont montré qu'ils y sont prêts.
vendredi 6 décembre 2019
Le mandat du 5 décembre est clair : retrait pur et simple du plan Macron-Delevoye !
Message du POID
Le mandat du 5
décembre est clair : retrait pur et simple du plan Macron-Delevoye
!
C’est pour cela que des millions ont fait grève et ont manifesté. Une journée dont personne ne conteste l’ampleur historique. Même Les Échos titrent :
« Retraites : le bras de fer s’installe ». L’un des principaux chroniqueurs de ce journal porte-voix des milieux financiers reconnaît une « journée réussie des syndicats » et s’inquiète : « Chacun attend la suite des événements (...). C’est à partir de lundi que les choses se corsent. Des bases très remontées vont-elles exiger, notamment dans les écoles, une reconduction du mouvement ? »
À cette question, la matinée du vendredi 6 a apporté un début de réponse :
Nombreuses sont les assemblées générales, et pas seulement « dans les écoles », qui ont ainsi décidé la poursuite de la grève. Elles ne se sont pas contentées d’« exiger une reconduction », elles l’ont décidée et organisée.
C’est une caractéristique du mouvement parti de la grève de la RATP du 13 septembre pour aboutir à la grève totale du 5 décembre : les travailleurs ont pris les choses en main pour imposer la marche à la grève puis la grève elle-même ; ils prennent en main aujourd’hui la marche à la généralisation de la grève par les décisions des assemblées générales, l’élection de délégués et la mise en place de comités de grève.
Les travailleurs savent que la condition pour gagner, c’est l’unité, et pas seulement « en bas », où elle est généralement réalisée.
Nécessaire à la victoire est l’unité à tous les niveaux, de bas en haut et de haut en bas, l’unité des travailleurs et des organisations sur le mandat du 5 décembre.
Inquiet de la tournure des événements, le chroniqueur des Échos adresse ce conseil au gouvernement : « Larguer un peu de lest quand la tempête est là est souvent le meilleur moyen de préserver l’essentiel : arriver à bon port. »
Non, il ne suffira pas de « larguer un peu de lest ». Si le gouvernement qui rencontre à nouveau les organisations syndicales le 9 et le 10 croit pouvoir s’en tirer avec des retouches marginales de son projet, il fait fausse route. À s’obstiner à ne pas le retirer, il créerait lui-même les conditions de la grève générale dans l’unité des travailleurs et des organisations.
Le 5 décembre montre à ceux qui en doutaient la puissance de la classe ouvrière rassemblée avec ses organisations pour faire prévaloir son bon droit. Ce qui se passe le 6 montre sa capacité à s’organiser. Les choses ne font que commencer.
C’est pour cela que des millions ont fait grève et ont manifesté. Une journée dont personne ne conteste l’ampleur historique. Même Les Échos titrent :
« Retraites : le bras de fer s’installe ». L’un des principaux chroniqueurs de ce journal porte-voix des milieux financiers reconnaît une « journée réussie des syndicats » et s’inquiète : « Chacun attend la suite des événements (...). C’est à partir de lundi que les choses se corsent. Des bases très remontées vont-elles exiger, notamment dans les écoles, une reconduction du mouvement ? »
À cette question, la matinée du vendredi 6 a apporté un début de réponse :
Nombreuses sont les assemblées générales, et pas seulement « dans les écoles », qui ont ainsi décidé la poursuite de la grève. Elles ne se sont pas contentées d’« exiger une reconduction », elles l’ont décidée et organisée.
C’est une caractéristique du mouvement parti de la grève de la RATP du 13 septembre pour aboutir à la grève totale du 5 décembre : les travailleurs ont pris les choses en main pour imposer la marche à la grève puis la grève elle-même ; ils prennent en main aujourd’hui la marche à la généralisation de la grève par les décisions des assemblées générales, l’élection de délégués et la mise en place de comités de grève.
Les travailleurs savent que la condition pour gagner, c’est l’unité, et pas seulement « en bas », où elle est généralement réalisée.
Nécessaire à la victoire est l’unité à tous les niveaux, de bas en haut et de haut en bas, l’unité des travailleurs et des organisations sur le mandat du 5 décembre.
Inquiet de la tournure des événements, le chroniqueur des Échos adresse ce conseil au gouvernement : « Larguer un peu de lest quand la tempête est là est souvent le meilleur moyen de préserver l’essentiel : arriver à bon port. »
Non, il ne suffira pas de « larguer un peu de lest ». Si le gouvernement qui rencontre à nouveau les organisations syndicales le 9 et le 10 croit pouvoir s’en tirer avec des retouches marginales de son projet, il fait fausse route. À s’obstiner à ne pas le retirer, il créerait lui-même les conditions de la grève générale dans l’unité des travailleurs et des organisations.
Le 5 décembre montre à ceux qui en doutaient la puissance de la classe ouvrière rassemblée avec ses organisations pour faire prévaloir son bon droit. Ce qui se passe le 6 montre sa capacité à s’organiser. Les choses ne font que commencer.
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