lundi 30 mars 2020

C'est la guerre, malheur à celui qui se pose des questions !

Marianne

Natacha Polony

Directrice de la rédaction


Aujourd'hui, nombre de commentateurs déploient des trésors de rhétorique pour démontrer que non, les méchants "souverainistes" n'avaient pas raison de plaider pour le maintien de capacités de production en France. Admettre qu'on s'est planté, c'est visiblement douloureux.

« Union nationale ». Ça sonnerait presque comme une injonction. Malheur à qui viendrait rompre cette belle union. C'est vrai, on est en guerre, il ne faudrait pas commencer à poser des questions ou détourner l'effort des combattants. Contentez-vous d'applaudir les soignants, et, quand on vous le demande, de revenir travailler. D'ailleurs, effort de guerre oblige, on en profitera pour vous rogner quelques droits et quelques libertés. Mais on est en guerre, n'est-ce pas...
La posture du chef de guerre, hélas, a des ratés. L'air martial et le ton grave, la mobilisation générale, demandent un minimum de crédibilité. Et ce qui semble s'imposer dans une part de l'opinion, c'est que le Président fait ce qu'il peut (pour ceux qui lui accordent au moins ce crédit), mais qu'il ne peut pas grand-chose.

L'état d'esprit des Français

Qui se promène sur les réseaux sociaux (seul lieu de « promenade » autorisé en ce moment) y voit, non pas un condensé mais un concentré de l'état d'esprit des Français. Des états d'âmes et des opinions amplifiés, exacerbés, poussés à l'extrême. Bien sûr, il y a les élans de solidarité. Tous ces gens, de quelque milieu que ce soit, qui se mobilisent, parfois en toute discrétion, pour agir, pour faire leur part. Et puis il y a le reste. Le débat, tout à fait justifié, mais aussi les assauts de haines, de jalousie, de soupçon. Les mots-dièse accusateurs, les délires complotistes, les obsessions revanchardes. Les fractures béantes qui se manifestaient depuis des mois ne disparaissent pas. Une crise comme celle que nous vivons est au contraire une centrifugeuse. Et c'est la Nation qui se disloque un peu plus.
Emmanuel Macron est en train de comprendre ce à quoi est réduit un président français. Appuyer sur des boutons, seul dans le cockpit, et constater que rien ne se passe.
La grandiloquence présidentielle n'y fera rien. Elle agit plutôt comme un révélateur de l'impuissance. Personne n'ira soupçonner le Président de ne pas faire tout ce qu'il peut pour limiter les effets de cette pandémie. Il faudra bien évidemment discuter les choix, enquêter sur les procédures, une fois l'urgence passée, mais la volonté, elle, est indéniable. Le problème est autre. Emmanuel Macron est en train de comprendre ce à quoi est réduit un président français. Appuyer sur des boutons, seul dans le cockpit, et constater que rien ne se passe.

« - Faites livrer des masques, des tests, qu'on sache tout de suite qui est malade.
- Monsieur le Président, on n'en a même pas assez pour les soignants.
- Mais il faut en fabriquer ! Faites tourner les usines.
- Mais Monsieur le Président, il n'y a plus d'usine en France depuis longtemps. Souvenez-vous, on trouvait ça génial, une société de services. L'industrie, les usines, c'était ringard. Il fallait que tout le monde devienne autoentrepreneur...
- Alors on fait quoi?
- On fait une intervention télé, vous leur dites que les masques, ça sert à rien, mais qu'on est en guerre et qu'on va gagner.
»

Il est des éléments que nul ne pouvait prévoir. La Chine a sous-estimé l'épidémie dans une proportion effarante. Les 45.000 urnes funéraires remises à des familles chinoises de Wuhan, alors que le chiffre officiel des morts chinois est de 3.298, laissent imaginer l'ampleur du mensonge. Et des médecins, supposés spécialistes, ont expliqué durant tout le mois de février que les médias en faisaient trop avec cette épidémie. L'humilité est donc de mise, et les « ils savaient et n'ont rien fait » sont stupides.

gouverner, c'est prévoir

En revanche, il est un principe face à l'incertitude : gouverner, c'est prévoir. Et prévoir même l'imprévisible. C'est-à-dire préparer les instruments pour lutter contre une menace qu'on n'identifie pas encore. « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Et ce qui scandalise nombre de citoyens est l'impression que nous abordons cette supposée guerre totalement désarmés. Pas de respirateurs, pas de masques, pas de réactifs pour les tests. Et la seule usine de production de bouteilles d'oxygène fermée en 2019. La fatalité ? C'est ce qu'essaient de nous faire croire certains commentateurs. Alors que tout cela résulte des politiques mises en œuvres depuis vingt ou trente ans, avec l'assentiment de tout un système politico-médiatique. Emmanuel Macron ne fait qu'hériter d'une situation dont il est loin d'être le principal responsable - mais responsable tout de même, puisqu'il n'a eu de cesse de sanctifier et perpétuer ce système, d'abord en tant que conseiller puis ministre de l'Economie de François Hollande, ensuite comme candidat et président.
La « projection des fantasmes », c'est l'argument ultime
Seulement voilà, depuis vingt ans, on explique au peuple français que ceux qui alertent sur la folie de la désindustrialisation, ceux qui parlent de filières stratégiques à protéger, sont d'affreux nationalistes, des nostalgiques ringards à l'idéologie nauséabonde, des suppôts de l'extrême droite. Et visiblement, certains ont comme des aigreurs à reconnaître qu'ils se sont plantés. Alors, il faut à tout prix démontrer que ça n'a rien à voir. Sur France Inter, le 20 mars, on entendait Léa Salamé regretter que « chacun projette ses fantasmes sur cette crise. Les souverainistes, les décroissants, les anti-mondialistes... » Dans Libération, Laurent Joffrin tient à peu près le même genre de discours, quitte à caricaturer la pensée de Marcel Gauchet.

La « projection des fantasmes », c'est l'argument ultime. Le même qu'on avait vu apparaître avec la crise des gilets jaunes. Vous pensez que les gilets jaunes sont le résultat de trente ans d'abandon des territoires, de recul des services publics, de destruction du tissu de PME dans les villes moyennes ? Voyons, vous projetez vos fantasmes ! D'ailleurs, il n'y a rien à comprendre de cette crise, et surtout pas que les défenseurs du système actuel se sont vautrés dans les grandes largeurs.

"reprendre le contrôle"

Aujourd'hui, même chose. Puisqu'on vous dit qu'on n'aurait pas pu faire mieux ! Et puis, ce n'est pas le moment, on parlera de ça plus tard, pour l'instant, il faut être solidaires et lutter tous ensemble. Et plus tard, quand ce sera fini, on vous dira qu'il n'est plus temps de revenir sur cette crise, qu'elle est derrière nous, qu'il ne faut pas vivre en permanence tourné vers le passé. Ceux qui ont alerté, ceux qui alerteront, sont d'insupportables idéologues. Quand on appartient au cercle de la raison, aux gens propres sur eux qui pensent comme il faut, on s'interdit d'analyser... enfin, surtout quand une analyse honnête obligerait à remettre en cause les dogmes dudit cercle.

Les défenseurs de la souveraineté, donc de la capacité à ne pas dépendre d'autre pays pour la production de biens essentiels, sont depuis longtemps qualifiés de « souverainistes », ce qui, en langage médiatique, signifie « d'extrême droite », accusés de vouloir fermer les frontières, assimilés aux identitaires de tous poils. Et bien sûr, quand Emmanuel Macron constate qu'on « a abandonné trop de choses au marché » et qu'il est temps de « reprendre le contrôle », ça n'a rien à voir. Lui, il n'est pas souverainiste, il dresse un constat raisonnable. Et comme il prônait l'inverse il y a quelques semaines encore, il n'est pas soupçonnable d'être dans le mauvais camp...

Temps de guerre ?

D'ailleurs, fort de cette idée que l'idéologue, c'est toujours l'autre, on peut, dans un journal raisonnable, titrer un article, en dehors de toute idéologie : « Les droites accros à la chloroquine ». Les droites, dont l'extrême droite, mais aussi les mélenchonistes, ce qui prouve bien, n'est-ce pas... Mais en dehors de toute idéologie, bien sûr...
On peut ne pas goûter les capacités d'autopromotion du professeur Raoult et pour autant se demander si l'allergie légitime du milieu médical aux figures médiatiques ne serait pas, cette fois, un frein dommageable
Entendons-nous bien. Il est actuellement impossible pour un non-spécialiste d'avoir un avis éclairé sur l'efficacité ou non de la chloroquine. Les discours scientifiques sont éminemment contradictoires et devraient inciter chacun à cultiver l'art de la nuance. En revanche, il est possible de s'interroger sur la façon dont les différents pays s'organisent pour avancer dans les recherches, sur les délais administratifs. Il est permis de se demander si, dans une crise d'une telle ampleur, il ne faut pas prendre davantage de risques qu'en temps normal. On peut ne pas goûter les capacités d'autopromotion du professeur Raoult et pour autant se demander si l'allergie légitime du milieu médical aux figures médiatiques ne serait pas, cette fois, un frein dommageable. De même, on peut avoir conscience de ses limites en matière de recherche biologique et comprendre que la pesanteur administrative explique, bien mieux que la prudence scientifique, le temps qu'il faut à la France pour mettre en route la production de tests efficaces. Quatre laboratoires vétérinaires départementaux se sont ainsi vu refuser l'offre qu'ils faisaient de produire plus de mille tests par jour, au motif qu'on ne mélange pas la santé animale et la santé humaine. Étrange façon de mener une guerre...

Le virus le plus fréquent en France

Pointer tout cela relève-t-il du complotisme ou de la déviance idéologique ? A chaque crise, les esprits éclairés nous expliquent que les Cassandre, qui avaient alerté dans l'indifférence générale, sont un peu responsables du malheur qui survient. Qu'ils se taisent, les oiseaux de mauvaise augure, et que la fête reprenne de plus belle ! Le virus le plus fréquent en France, celui qui consiste à renvoyer à l'extrême droite quiconque a le mauvais goût de ne pas applaudir à ce système dont les incuries apparaissent de plus en plus au grand jour, n'a pas encore trouvé de vaccin.


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mardi 24 mars 2020

Congés, 35 heures, licenciements: la loi d'adaptation au coronavirus va nous faire basculer dans un nouveau monde social

Le projet de loi d'adaptation au coronavirus prévoit de revenir sur certains droits des salariés.

Le projet de loi d'urgence lié au coronavirus autorise une nouvelle limitation des congés payés ou du repos hebdomadaire. Une remise en cause des acquis sociaux... qui pourrait prospérer, jusqu'à une période indéterminée après la fin de la crise.

Le Sénat a adopté le projet de loi du gouvernement ce jeudi dans la nuit. Il devrait être voté définitivement par l'Assemblée nationale, ce vendredi. Et surprise, entre l'avant-projet que Marianne a pu consulter et le texte finalement déposé au Parlement, les mesures devant permettre la relance des entreprises, comme la limitation des congés payés ou des 35 heures, ont perdu leur caractère "provisoire". En séance, la ministre Muriel Pénicaud a expliqué que "par nature, ces mesures sont limitées à la durée de la crise sanitaire". Tout en refusant d'inscrire dans le texte une date de fin de validité. Ci-dessous, l'article tel qu'il a été publié, ce mercredi. Notre nouvel article sur le sujet, avec les modifications du Sénat, est lui à lire ici.
"Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées", a annoncé Emmanuel Macron, ce lundi, à propos de la crise du coronavirus. Le chef de l'Etat n'a pas tardé à tenir parole puisque dès ce mercredi 18 mars, il apparaît que certains acquis sociaux vont être remis en cause. Provisoirement. Tel est le sens du projet de loi d'urgence lié à la crise du coronavirus, soumis au Parlement à partir de ce jeudi, et que Marianne a pu consulter. Ce texte prévoit d'habiliter le gouvernement à légiférer par ordonnances dans des domaines aussi divers et sensibles que le droit aux congés payés, au repos hebdomadaire, les trente-cinq heures, ou encore la publicité de la justice. Pour soutenir les entreprises, l'exécutif a choisi de se donner la possibilité de détricoter un certain nombre de droits acquis pour les salariés. Sur le confinement, des règles strictes et particulièrement protectrices des droits individuels ont en revanche été retenues. Décryptage.

Le ministre des comptes publics l'a annoncé ce mercredi aux Echos : cette année, la croissance française sera probablement négative. De nombreuses entreprises sont déjà à l'arrêt en raison de l'épidémie, et pourrait devoir fermer leurs portes. Pour empêcher cette faillite généralisée, le projet de loi concrétise le plan musclé annoncé par le gouvernement ces derniers jours. Report de charges, de versements de loyers professionnels, renoncement à des pénalités... Tout est fait pour soutenir les sociétés françaises.
En contrepartie, le texte prévoit que le gouvernement pourra, par ordonnances, "limiter les ruptures de contrats de travail". Des licenciements pourront être refusés, mais aussi des ruptures de périodes d'essai. Il s'agit là de la principale mesure en faveur des droits des salariés. Car pour le reste, l'orientation du texte est bien de soutenir l'activité... au détriment de certains acquis sociaux.

Congés remis en cause

La future ordonnance, que le gouvernement aura trois mois pour prendre, soit jusqu'en juin, pourra ainsi "modifier les conditions d’acquisition de congés payés et permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail". En clair, les 2,5 jours de congés payés acquis par mois appartiendront peut-être bientôt au passé... Quant aux RTT, un régime plus restrictif pourra également être mis en place.

Le droit au repos est aussi touché. Première conséquence, dans certaines entreprises, les trente-cinq heures pourront être détricotées. Les règles concernant le repos hebdomadaire aussi. L’article 17 du projet de loi autorise en effet le gouvernement à "permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger de droit aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical". Reste à préciser quelles seront ces entreprises. Des sociétés comme la SNCF, la RATP, ou du secteur de la santé, voire comme Renault ou Air France, pourraient être concernées.

48 heures par semaine au maximum

Cette réforme ne signifie pas pour autant que le gouvernement pourra faire n'importe quoi. Les mesures décidées devront être "conformes au droit de l’Union européenne", précise le texte. Concernant le temps maximum de travail, l'UE l'a par exemple fixé à 48 heures par semaine. Et concernant les congés payés, une directive les a fixés à quatre semaines par an minimum.
Les ordonnances "Coronavirus" devront par ailleurs respecter la Constitution française. Le Conseil constitutionnel se fait sourcilleux sur le respect de certains principes, comme la liberté d'entreprendre. Une interdiction générale des licenciements pourrait être censurée, par exemple. Enfin, ces textes devront être validés, après leur entrée en vigueur, par le Parlement. Comme c'est le cas pour toute ordonnance. A défaut, ils seront annulés.
Ces mesures concernant le champ social sont annoncées par le projet de loi comme devant être "provisoires", et ce "afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus Covid-19". Le texte ne prévoit pour autant pas de date limite. Elles resteront donc en vigueur même après la crise sanitaire, jusqu'à une période encore indéterminée.

Confinement... pour douze jours

"Aux seules fins de limiter pendant la durée de propagation du virus Covid 19 les contacts physiques", le gouvernement pourra aussi décider de limiter la publicité des audiences de justice, voire d'organiser des audiences à distance, grâce aux dispositifs de visioconférence. Même idée en garde à vue, où l'avocat du justiciable pourra intervenir à distance. Les titres de séjour bientôt expirés pourront par ailleurs être prolongés de six mois.
Concernant le confinement de la population, le texte pose des bornes claires. Et institue un nouveau principe : l'état d'urgence sanitaire. Pendant cette période, que le président de la République pourra décréter, les libertés de se déplacer et de se réunir pourront être limitées par voie réglementaire pendant douze jours. L'amende pour les contrevenants est fixée à 135 euros.
Cette période de confinement pourra être prolongée une seule fois, ce qui devra passer par le vote d'une loi. Cette loi devra fixer une date définitive de fin de l'état d'urgence sanitaire. Un choix protecteur des libertés mais étonnant : par définition, il semble difficile de fixer à l'avance la fin d'une crise sanitaire. Rien n'empêcherait, toutefois, que le chef de l'Etat, au bout du processus, fixe un nouvel état d'urgence sanitaire.
Le projet de loi fixe, enfin, une nouvelle échéance pour le second tour des élections municipales : au plus tard en juin prochain. Les résultats du premier tour restent acquis. La date de dépôt des candidatures de second tour, qui inquiète l'opposition, sera elle laissée à la discrétion... du gouvernement, qui procédera là aussi par ordonnance. Au risque de faire hurler le PS et LR.


lundi 23 mars 2020

Profitons que nous soyons des CONS IN FINE

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Le gouvernement entend profiter du contexte pour revenir sur certains acquis sociaux à l'aide de la loi "urgence coronavirus" qui doit être votée dans le week-end. Or les mesures en question sont « provisoires » uniquement jusqu'à ce qu'elles ne le soient plus. Elles remettent en question la durée légale du travail et font grandement évoluer la prise des congés payés. Bref, en fait d'avancées sociales, on risque plutôt d'avoir droit aux 35 heurts. 

Les personnels soignants sont encore plus à plaindre. Oubliés par les gouvernements depuis des années, méprisés au moment des grèves, ils continuent à faire face malgré la fatigue et la lourdeur de la tâche. Malgré le manque de temps et le manque d'argent. C'est beau, pour les remercier, de frapper des mains. A condition de ne pas se contenter de se les laver juste après. 




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                                                           Réflexions
  •  Et si l'on profitait de l'arrêt des activités pour trouver des solutions pour l'emploi ? Et de l'atmosphère actuelle pour prendre des mesures en faveur du climat ? 
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  •  Les moments qui nous sont offert par le confinement ne sont-ils pas propices pour repenser le fonctionnement mondial, surtout à la manière de produire local pour éviter la danse infernale autour de notre planète qu'engendre l'économie du libéralisme débridé?

  • Revenir à l'essentiel voir un peu plus. Oublier le superflu éphémère engendré par la Pub.
 
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