vendredi 14 septembre 2018

Les Insoumis boycottent la fête de l'Huma après un point Godwin du communiste Ian Brossat

Clash
Le conflit entre communistes et Insoumis concernant la question de l'immigration a débouché sur une éruption : réagissant à une attaque de Ian Brossat (PCF), le député LFI Adrien Quatennens a dénoncé "l'ignominie" et annulé sa venue à la fête de l'Huma. Les parlementaires Insoumis ont embrayé.


Et une pièce de plus dans la machine. Ce jeudi 13 septembre, Insoumis et communistes ont ajouté un épisode supplémentaire à la longue série de disputes ouvertes qui les déchirent depuis plusieurs années. Dans un communiqué cinglant, le député France insoumise (LFI) Adrien Quatennens a annoncé qu'il annulait sa venue à la fête de l'Humanité, prévue ce week-end au parc de La Courneuve. "Alors que je m'apprêtais à participer avec plaisir à plusieurs débats utiles lors de la fête de l'Humanité ce week-end, le niveau d'insultes et de grossièreté contre la France insoumise de la part de Ian Brossat, tête de liste PCF aux élections européennes, atteint l'ignominie", justifie l'élu du Nord, demandant "aux communistes de bien vouloir intervenir pour que cessent ces méthodes".

En cause, un "clash" sur Twitter survenu ce jeudi 13 septembre. Tout part du passage d'Adrien Quatennens à RTL, relayé par un tweet, dans lequel le député LFI tient le discours en vogue chez les Insoumis, consistant à insister sur la nécessité d'agir contre "les grandes causes des mouvements de population (...) : les conflits et guerres, les accords commerciaux inégaux et le changement climatique". Pour Ian Brossat, qui tient cet angle d'attaque depuis plusieurs semaines et l'a développé dans une interview à L'Obs, "disserter sur les causes de l'immigration, c'est une manière d'esquiver le sujet" ; il accuse ainsi Jean-Luc Mélenchon de faire du "marketing politique" en tenant un discours nuancé (accueil inconditionnel des réfugiés mais souhait de limiter les migrations). Le communiste a donc réagi au tweet d'Adrien Quatennens, en mettant cette fois-ci en avant son histoire familiale : "En 1939, mon grand-père juif a fui la Pologne pour échapper à
l'antisémitisme. Heureusement pour lui, il est tombé sur des gens qui lui ont ouvert la porte, et non sur des doctes qui auraient disserté sur les 7 plaies d'Égypte avant de lui tendre la main".

C'est ce message en forme de point Godwin qui a décidé le député LFI à renoncer à la fête de l'Huma. Dans son communiqué, il parle d'une "référence insupportable [de Ian Brossat] au sort de sa famille face aux nazis" et dénonce "une invitation à créer des incidents pires que ceux des années précédentes contre les portes-parole de notre mouvement". Les derniers passages des Insoumis à La Courneuve n'ont en effet pas été de tout repos : l'an dernier, alors qu'ils étaient réunis pour écouter le discours de Pierre Laurent, les députés LFI ont écouté le secrétaire national du PCF charger longuement et violemment Jean-Luc Mélenchon, absent ce jour-là et accusé de vouloir "détenir la vérité à lui tout seul". En 2016, alors que Mélenchon était encore à la tête du Parti de gauche, son stand à la fête de l'Huma avait été vandalisé.

Les députés Insoumis boycottent aussi

En interne, les Insoumis estiment que les communistes, en grande difficulté dans les sondages pour les européennes (ils plafonnent à 2% dans les différentes études quand LFI se situe entre 12 et 14%), appuient artificiellement un désaccord sur la question migratoire dans un but politicien. Adrien Quatennens a ainsi accusé Ian Brossat de "mettre en scène des désaccords qui n’existent pas". Le chef de file communiste ne fait visiblement pas non plus l'unanimité dans son parti : invité de l'émission "Figaro Live", le député PCF Stéphane Peu a regretté la "précipitation" dans la désignation de Ian Brossat comme probable tête de liste aux européennes, alors que lui souhaite un rassemblement de la gauche pour ces élections de mai 2019. On en est loin.
Dans la soirée de ce jeudi 13 septembre, les députés LFI ont publié un communiqué : évoquant les "insultes" du candidat PCF aux européennes, les parlementaires estiment que "la porte est ouverte aux provocations et incidents. Nous n’en voulons pas." La délégation du groupe LFI a donc décidé de ne pas répondre à l'invitation du conseil national du PCF à la fête de l'Huma, évoquant "un traquenard", afin de "protéger ce qui reste de possibilités de dialogue serein". Là encore, ce n'est pas gagné : "Quand on est sûr de ses arguments, on ne fuit pas le débat. Vive la fête de l'Huma ;)", a relancé Ian Brossat sur Twitter dans la soirée.

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