mardi 28 août 2018

En Allemagne, des sympathisants néonazis descendent dans la rue après une "chasse" aux étrangers

Par Magazine Marianne

Des centaines de sympathisants de l'extrême droite se sont rassemblés dans les rues de Chemnitz, en Allemagne, quarante-huit heures après le meurtre d'un trentenaire dont sont accusés un Syrien et un Irakien, arrêtés ce lundi 27 août par la police.
 
Depuis deux jours, l'extrême droite bat le pavé à Chemnitz, une ville au nord-est de l'Allemagne. Après la mort d'un trentenaire allemand dans la nuit de samedi à dimanche, poignardé dans un affrontement qui aurait impliqué une dizaine de personnes, plusieurs milliers de sympathisants extrémistes ont pris possession des rues. Ce 27 août, plus de 2.000 manifestants ont défilé dans le centre-ville, réclamant des "expulsions" et brandissant des pancartes "Merkel doit partir" ou encore "Arrêtez le flot de demandeurs d'asile". La veille, des centaines de sympathisants d'extrême droite avaient pourchassé les étrangers à Chemnitz.
Environ 800 personnes s'étaient en effet rassemblées pour manifester contre le meurtre d'un Allemand de 35 ans, pour lequel un Irakien et un Syrien ont été immédiatement suspectés - avant d'être arrêtés lundi par les forces de l'ordre. Visiblement décidés à se faire justice eux-mêmes, les manifestants sont descendus dans la rue, réclamant "la sécurité" et appelant le gouvernement à "changer de politique". Markus Frohnmaier, un député du parti d'extrême droite AFD, a commenté les évènements sur Twitter : "Si l’Etat ne peut plus protéger les citoyens, les gens sortent dans la rue et se protègent. C’est simple !".

Des vidéos amateurs diffusées sur les réseaux sociaux puis à la télévision allemande montraient des skinheads agressant des personnes étrangères. Plusieurs plaintes ont déjà été émises : un Bulgare de 30 ans a été menacé, un Syrien de 18 ans a été frappé et une adolescente de 15 ans et son compagnon afghan de 18 ans ont été agressés et légèrement blessés. La chancelière Angela Merkel a dénoncé lundi une "chasse collective" aux immigrés. "Ces évènements n'ont pas leur place dans notre Etat de droit", a affirmé son porte-parole, Steffen Seibert.

Visages dissimulés et saluts hitlériens

Lundi, en fin d'après-midi, des manifestants désireux d'en découdre se sont à nouveau rassemblés à l'appel du mouvement populiste et islamophobe Pegida. Certains d'entre eux, venus avec des gants de combats et des armes de poing, ont tenté de provoquer les contre-manifestants, eux-mêmes maintenus à distance par les forces de l'ordre. Selon la police, "plus de cent personnes se sont dissimulées le visage", certaines arrachant des pierres dans la rue, d'autres faisant le salut hitlérien. Les autorités locales ont dénombré plusieurs blessés, tout en refusant de fournir leur nombre ou la gravité de leur état.
A l'approche des élections régionales de l'été 2019, l'affaire ravive les tensions entourant la question migratoire en Allemagne, brûlante depuis l'arrivée il y a trois ans ans de plus d'un million de demandeurs d'asile. Pour rappel, la Saxe ne compte que 4,4% d'étrangers. Mais la communauté néonazie est, elle, particulièrement bien implantée dans cette ville de l'ex-RDA.

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